Déclaration CGT au CSE du 23 septembre 2026

04 novembre 2026

CGT • Unité Logistique Maintenance

Déclaration CGT

CSE ULM du 23 septembre 2026

Coût du baril ou coût du capital ?

Depuis de longs mois, le contexte international s’est durci. Les différents conflits présents au Proche et Moyen Orient s’enlisent, les détroits d’Ormuz et de Bab el Manded sont de plus en plus difficiles à franchir pour les navires pétroliers, la crise s’accentue pour les travailleurs, mais pas pour le capital : le prix du baril n’influe que sur une partie du prix au litre de carburant.

Pendant qu’une frange médiatique connue décrie encore et toujours le poids des taxes, certains acteurs s’en mettent plein les poches ! Michel Edouard LECLERC, que l’on ne pourrait accuser de bolchevisme, rappelle que la marge à la distribution ne représente qu’un centime sur un litre de carburant.

Il existe pourtant une marge dont on ne parle pas ou peu sur les plateaux des grands médias, c’est la marge au raffinage : celle-ci a été multipliée par 7 entre février et septembre 2026, selon Europe Business News, passant de 41 euros la tonne à 281 euros la tonne pendant que les français se privent pour faire baisser leurs factures.

Alors que la France compte l’une des plus grandes compagnies pétrolières au monde, on peut se demander comment les profits de celle-ci ont indécemment progressé alors que les français peinent à faire le plein pour se rendre sur leur lieu de travail.

Pour la CGT, le temps est venu de nationaliser TOTAL, afin de récupérer notre souveraineté énergétique, en permettant à tous de pouvoir continuer à se mouvoir sans subir les profiteurs de guerre, qui ont spéculé à l’achat, puis réalisé d’inqualifiables profits en ces temps difficiles.

Dans l’attente de décisions politiques fortes en ce sens, nous vous demandons, madame la présidente de séance, de mettre en place des aides ciblées pour les travailleurs aux plus basses rémunérations, alors qu’ils n’ont plus les moyens de se rendre au travail.

Cette situation n’est pas tolérable, nos collègues (qu’ils soient sur les plateformes de stockage de l’ALN, dans nos agences, ou au Leeds) participent au service public de l’énergie et à la création de richesse qui permet à EDF de reverser 1 milliard d’euros de dividende à l’état tous les ans. Il est urgent de prendre des décisions qui permettront à chacun de retrouver quelques marges dans un budget familial toujours plus contraint.

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Prix de marché, financiarisation de l’énergie

Toujours sur le sujet du coût de l’énergie, la CGT rappelle sa position sur la sortie du marché de l’électricité.

Le modèle construit en 1946 par le Conseil National de la Résistance, garantissait à chacun un accès équivalent au service public de l’électricité, en s’appuyant sur la péréquation tarifaire, à savoir permettre de bénéficier d’un prix unique et égal quelque soit le territoire dans lequel on habite, prix indexé sur le coût de production, qui permettait à l’entreprise de financer ses investissements, aux travailleurs d’être justement rémunérés, et aux usagers d’accéder à une énergie moins chère que chez nos voisins européens.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les prix de marché de l’electricité n’ont cessé de fluctuer, au gré du prix du gaz. C’est injuste pour les usagers français, dont le système de production ne repose qu’à la marge sur le gaz, ceux-ci auraient dû profiter des bénéfices de notre parc de production dont la base nucléaire et hydraulique permet un coût de production stable.

A ce titre, la FNME CGT prône un retour au statut d’EPIC pour nos entreprises, la sortie du marché de l’électricité dans le but de proposer le “juste prix de l’electricité”, ainsi qu’un ensemble de mesures chiffrées dans son Programme Progressiste de l’Energie.

Que dire du projet de loi Battistel Bolo concernant la production hydraulique, qui s’apprête à créer une “ARENH” de l’hydraulique, en bradant aux enchères 20% de la production, pour répondre à l’appétit des spéculateurs habituels sans aucune prise en compte de la ressource “eau”.

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Ambiance thermique et dialogue social : c’est chaud !

Au printemps, nous vous avons interpellé sur les conditions de travail des agents, qu’ils soient en chantier ou dans les agences. Madame la présidente de la CSSCT nous a expliqué que le sujet serait traité lors d’une prochaine commission. Nous déplorons le fait d’avoir laissé passer l’été pour évoquer le sujet en novembre. Madame la présidente, pouvez-vous nous faire un bilan des actions réalisées cet été à ce sujet ?

Avez-vous mis en place les actions préconisées par le guide “Prévention et gestion du risque chaleur” émis par la Direction Prévention Santé Sécurité du Groupe ? D’autre part, nous déplorons les dérives au sujet de la CSSCT : écourter des séances, en annuler de manière unilatérale, alors que ses travaux devraient être une priorité, cela ne peut pas durer. Nous avions un rythme de travail sain avant 2026, nous vous enjoignons à retrouver celui-ci au plus vite.

Il est urgent de rétablir un fonctionnement digne de ce nom, nos collègues méritent mieux !

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Cour des comptes : 11 recommandations explosives, ça va péter !

Les élus de la FNME-CGT vous interpellent aujourd’hui avec gravité : l’attaque, cautionnée par M. FONTANA et engagée par la Cour des comptes et le gouvernement, contre nos conquis sociaux ne relève ni d’un simple ajustement technique, ni d’une question comptable : elle vise de façon purement dogmatique le modèle de contrat social statutaire des électriciens et gaziers. La réponse du PDG adressée à la Cour des comptes n’est pas neutre.

En cautionnant plusieurs recommandations et en sollicitant l’intervention des pouvoirs publics pour en appliquer certaines, la direction du groupe accompagne l’offensive néolibérale contre ses propres salariés. Le climat social apaisé dont EDF a besoin ne se décrète pas : il suppose le respect du personnel et de ses garanties collectives.

Les agents d’EDF n’accepteront pas d’être les variables d’ajustement des choix déplorables de l’État actionnaire, ni des erreurs stratégiques accumulées par les directions depuis des années.

Le 15 septembre, nous avons pris part à une mobilisation historique : 92,5% des agents de l’ULM ont signifié leur refus clair des recommandations de la Cour des comptes. Cette journée a démontré la colère, mais surtout la détermination du personnel à défendre sans jamais défaillir le Tarif Agent et l’ensemble des garanties collectives et statutaires : rémunération, temps de travail, heures supplémentaires, CET, etc.

Concernant le Tarif Agent, la CGT l’affirme : il n’est ni un privilège, ni une faveur ; il constitue un élément de rémunération légitime et un pilier historique du contrat social des IEG.

Alors qu’EDF doit prolonger et renouveler ses moyens de production, réussir l’électrification des usages indispensable pour faire face au dérèglement climatique, recruter massivement et fidéliser le personnel afin d’assurer l’avenir énergétique du pays, s’attaquer aux droits des agents est véritablement irresponsable. On ne relèvera pas les défis industriels d’EDF en dégradant les conditions de travail, la rémunération et l’attractivité de l’entreprise !

Pour ces raisons, la délégation CGT a décidé de ne pas siéger ce jour en CSE, et invite tous les membres, qu’ils soient issus de l’intersyndicale ou de la direction à faire de même, afin de signifier clairement que nous ne laisserons pas ce gouvernement détruire notre modèle social !
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