01 · Ils n’ont pas une ride et pourtant !
À la veille d’un anniversaire historique, rappelons-nous que les congés payés ont été conquis grâce à des grèves historiques menées et accompagnées par la CGT. À l’époque, les employeurs affirmaient qu’ils étaient financièrement impossibles à supporter. Pourtant, 90 ans plus tard, ils font partie de notre quotidien et semblent avoir toujours existé. Malgré cela, ils restent régulièrement remis en cause, preuve qu’aucun acquis social n’est jamais définitivement gagné.
Dix ans plus tard, une nouvelle avancée sociale voyait le jour pour les travailleurs des IEG, grâce au courage politique des résistants CGT et à l’application du programme du CNR. Le 22 juin, nous fêterons les 80 ans de notre statut des IEG, lui aussi systématiquement attaqué alors qu’il a largement fait ses preuves.
Bon anniversaire à toutes et tous les électriciens et gaziers. Continuons ensemble à faire de notre statut un modèle social, à le défendre chaque jour, et à démontrer qu’un meilleur statut est possible pour l’ensemble des travailleurs.
02 · 1 milliard d’économies et pas un centime d’idées !
Dès le mois d’avril, la CGT a interpellé la Direction d’EDF et demandé l’ouverture de négociations sur le pouvoir d’achat, face à l’inflation générée notamment par le conflit au Moyen-Orient et à ses répercussions directes sur le coût des carburants mais aussi les produits de consommation. La CGT a donc appelé dès le 3 avril l’employeur à passer à la pompe !
Au mois de mai, nous avons réitéré cette demande au travers d’une lettre ouverte adressée au PDG. Malheureusement, comme trop souvent, l’entreprise est restée muette. Pire encore, les propositions patronales dans le cadre des négociations sur la grille salariale sont très loin des attentes des salariés et apparaissent même régressives en matière de reconnaissance.
Pour preuve, le premier niveau de rémunération de la grille repasse une nouvelle fois sous le niveau du SMIC, provoquant un nouveau tassement des salaires, et ce dans un contexte inflationniste qui fragilise toujours davantage le pouvoir d’achat des agents.
Dans sa grande bonté, le gouvernement permet aujourd’hui aux employeurs de mettre en place des aides financières sur le carburant, sans contrepartie. Pourtant, du côté de la Direction du Groupe, pas un mot, pas une annonce. La seule perspective affichée demeure la poursuite du plan d’économies d'un milliard d’euros.
La seule véritable réponse durable à l’inflation reste l’augmentation des salaires. Mais soyons réalistes : les agents sont aujourd’hui prêts à accepter toute mesure permettant d’améliorer immédiatement, même de manière transitoire, leur pouvoir d’achat.
Comme d’habitude, faut-il que les salariés instaurent un rapport de force pour être entendus et obtenir des avancées ? Faudra-t-il perdre du salaire en faisant grève pour tenter d’en gagner davantage demain ? Voilà le paradoxe insupportable de cette période inflationniste.
Est-ce donc cela, le fameux dialogue social dont on nous vante régulièrement les mérites ? Une situation où les employeurs ne semblent entendre qu’un seul langage : celui du rapport de force ? Triste réalité.
03 · La direction vous fait suer ! La CGT vous rafraîchit les idées !
Lors des derniers CSE, la délégation CGT a signalé à plusieurs reprises que les mesures d’ambiance thermique ne sont ni systématiquement réalisées, ni tracées, ni archivées sur de nombreux chantiers et activités.
Depuis ces réunions, notre pays a connu un premier épisode de fortes chaleurs. Malgré cela, nous constatons que peu, voire aucune, mesure de prévention ou de protection adaptée n’a été mise en œuvre sur certains sites.
Nous nous interrogeons donc sur la cohérence de la démarche de prévention actuellement mise en œuvre concernant le risque chaleur.
Devons-nous attendre un accident grave, un malaise important ou un coup de chaleur pour agir réellement ?
La CGT s’interroge sur une logique consistant davantage à gérer les conséquences d’expositions potentielles plutôt qu’à mettre systématiquement en œuvre les moyens de contrôle, de mesure et d’analyse nécessaires à une véritable prévention.
L’entreprise adopterait-elle la même approche pour d’autres risques professionnels majeurs, comme l’amiante, sans contrôle systématique des expositions ni mise en place immédiate des mesures de prévention adaptées ?
Pourquoi le risque chaleur semble-t-il aujourd’hui banalisé alors que ses conséquences peuvent être graves, voire mortelles ?
Les épisodes de fortes chaleurs deviennent pourtant récurrents et les obligations réglementaires se sont renforcées depuis le 1er juillet 2025. Malgré cela, les salariés constatent encore l’absence de mesures d’ambiance réalisées en temps réel, l’absence de traçabilité des mesures, des calculs DLE non réalisés, des moyens matériels insuffisants, une prévention souvent réactive plutôt qu’anticipée.
Pour la CGT, la prévention ne peut pas reposer uniquement sur des déclarations de principe. Elle doit être concrète, mesurée, tracée et applicable immédiatement sur le terrain afin de garantir réellement la santé et la sécurité des salariés.
Cette santé et sécurité, le sujet phare que l’entreprise affirme placer au cœur de ses priorités.
Nous constatons également que les services SPR des sites ne sont pas toujours en mesure de réaliser les mesures nécessaires ou ne disposent pas des moyens permettant de répondre aux besoins opérationnels.
La réalisation des calculs de Durée Limite d’Exposition (DLE) relève de la responsabilité des sites d’accueil. Toutefois, les difficultés rencontrées sur le terrain démontrent que les moyens humains et matériels ne permettent pas toujours d’assurer ces calculs dans des délais compatibles avec la protection effective des salariés.
La CGT rappelle qu’en matière de santé et sécurité au travail, la responsabilité finale incombe à l’employeur. Cette responsabilité ne peut être transférée ou diluée au motif que les moyens nécessaires ne seraient pas disponibles localement.
Nous rappelons également que le calcul des DLE repose sur des données objectives :
• Température sèche ;
• Température de rayonnement ;
• Hygrométrie ;
• Vitesse de l’air. Ces mesures doivent être réalisées au plus près des postes de travail afin de permettre une évaluation fiable des risques thermiques via l’application ASTEC.
Or, plusieurs constats soulèvent aujourd’hui de sérieuses interrogations malgré les engagements pris par la Direction :
• Les calculs de DLE semblent dépendre d’un nombre limité d’agents formés à l’utilisation d’ASTEC, ce qui ne garantit pas une couverture suffisante des besoins en horaires décalés, 2x8 ou 3x8
• Les moyens de mesure nécessaires ne sont pas systématiquement disponibles sur les lieux d’intervention
• Les préventeurs ne sont pas toujours disponibles lorsque les besoins apparaissent sur le terrain
• Plusieurs salariés rapportent l’absence de calculs de DLE alors même que les températures dépassent largement les seuils nécessitant une évaluation du risque
• Lorsque des mesures sont réalisées, les résultats arrivent parfois plusieurs jours après l’exposition réelle des salariés, rendant leur utilité préventive très limitée. La CGT rappelle également que la vitesse de l'air constitue un paramètre essentiel dans le calcul des DLE. Lorsque cette donnée n'est pas mesurée, la valeur doit être renseignée à 0,1 m/s dans ASTEC et non laissée à la valeur par défaut de 0,3 m/s, sous peine de sous-estimer les risques encourus.
Nous considérons que la mise à disposition de balises ARTHEMIS au plus près des postes de travail permettrait d’améliorer significativement la réactivité et la fiabilité des évaluations, en complément ou en remplacement des dispositifs TC100 dont les performances apparaissent limitées pour certains usages.
Nous rappelons qu’à compter du 1er juillet 2025, le décret n°2025-482 du 27 mai 2025 impose aux employeurs de renforcer la prévention des risques liés aux épisodes de chaleur intense.
À ce titre, l’employeur doit notamment :
• Évaluer et prévenir le risque chaleur ;
• Adapter l’organisation du travail et les horaires ;
• Réduire les temps d’exposition ;
• Mettre à disposition de l’eau fraîche en quantité suffisante ;
• Fournir des équipements adaptés ;
• Informer et former les salariés ;
• Mettre en place des mesures spécifiques pour les travailleurs vulnérables. La CGT considère que ces obligations réglementaires ne peuvent être respectées sans une évaluation fiable, documentée et traçable des conditions thermiques réelles de travail.
Sans mesures d’ambiance, sans suivi des expositions et sans calculs de DLE réalisés en temps réel lorsque les conditions l’exigent, il n’est pas possible de démontrer que l’obligation de prévention est effectivement respectée.
La délégation CGT demande donc :
- La présentation de l’organisation actuellement en place pour la réalisation des mesures
thermiques et des calculs de DLE.
- La mise à disposition de moyens de mesure adaptés sur les chantiers et ateliers, notamment des
balises ARTHEMIS.
- Un état des lieux des agents formés à l’utilisation d’ASTEC.
- La traçabilité systématique des mesures d’ambiance et des calculs de DLE réalisés.
- Une analyse des situations dans lesquelles aucun calcul de DLE n’a été réalisé malgré des
températures particulièrement élevées.
La CGT restera particulièrement vigilante quant à la protection de la santé des salariés exposés aux fortes chaleurs et demande à la direction mieux que des promesses.
04 · Golfech : radioprotection et conditions d’intervention
Golfech : pas besoin de canicule pour passer l’été en slip ?
Les remontées de terrain issues des chantiers EVEREST de l’arrêt de tranche sur le site de Golfech mettent en évidence des dysfonctionnements majeurs et profondément ancrés en matière de radioprotection.
Face à ces constats, la direction persiste à renvoyer la responsabilité sur les agents, en invoquant la “responsabilité individuelle”.
Pour la CGT, cette position est inacceptable.
Non, le problème n’est pas individuel, le problème est organisationnel.
C’est bien l’organisation du travail, l’incohérence des consignes, et le manque de moyens qui mettent aujourd’hui les travailleurs en danger.
Une situation aberrante sur les tenues du bâtiment réacteur :
La situation des tenues de travail du BR est devenue totalement aberrante et intenable pour les intervenants.
Le principe fondamental de la radioprotection est clair, le contrôle doit se faire au plus près du chantier.
Or aujourd’hui, impossible de se déshabiller à proximité des zones et également de se contrôler immédiatement.
Un agent suspectant une contamination est contraint de conserver sa tenue potentiellement contaminée jusqu’à la sortie du bâtiment réacteur.
C’est une situation qui va à l’encontre des principes mêmes de la radioprotection.
Le bilan de début d’arrêt est sans appel :
97 C2 recensés
Mais surtout, les analyses sont claires et ne démontrent aucune dérive de pratique des agents et le respect strict du contrôle en 5 points.
La conclusion est évidente :
Le problème ne vient pas des agents, mais bien de l’organisation du déshabillage et du transfert de contamination hors chantier.
La CGT dénonce la gestion administrative et informatique des événements radioprotection.
Depuis le 1er janvier 2026, l’outil AUDe a remplacé le traitement manuel.
Sur le papier : simplification, traçabilité, gain de temps.
Dans la réalité, AUDe ne permet pas de traiter correctement les événements de niveau C1.
Résultat, les équipes sont contraintes de forcer artificiellement des passages en C2, pour ensuite requalifier les événements.
Ce bricolage génère de la confusion sur le terrain, fragilise la compréhension des consignes, et détourne les outils de leur objectif initial.
Le plus grave reste le traitement humain des situations de contamination.
Après plusieurs événements C2, la réponse de la direction est immédiate :
- suspensions d’accès - e-learning culpabilisants - entretiens de « confiance » Une logique uniquement punitive.
Pour la CGT, c’est une dérive inacceptable. On ne peut pas traiter les agents comme les seuls responsables alors que les causes sont clairement organisationnelles.
Les actions correctives doivent porter sur les choix d’organisation, les protections collectives, les moyens matériels, et non sur la culpabilisation des intervenants.
Aujourd’hui, alors que le gros des activités ne fait que commencer, le constat est déjà alarmant :
- Multiplication des événements
- Certains agents découvrent leur contamination uniquement à l’anthropogammamétrie.
Ce qui constitue un signal extrêmement préoccupant.
La CGT alerte la direction :
- Les conditions actuelles de radioprotection ne sont pas maîtrisées.
- Les choix organisationnels exposent les travailleurs.
- La stratégie consistant à faire porter la faute aux agents est inacceptable.
À ce rythme-là, une chose est sûre :
L’été sera chaud à Golfech…
Mais visiblement, sans t-shirt… et sans protection adaptée.
Sans DLE et sans augmentation !
Fin de déclaration.